[SHARP OBJECTS] Les jolies jeunes filles en fleur – Article avec spoilers –

Jean-Marc Vallée, réalisateur canadien de génie (C.R.A.Z.Y, Dallas Buyers Club…) est revenu cet été sur nos petits écrans avec une seconde série HBO : Sharp Objects. Adaptation du premier roman de Gillian Flynn (Gone girl), Sharp Objects est un petit bijou télévisuel complexe, à la fois subtil et explosif, qui est l’écrin parfait pour la talentueuse Amy Adams également productrice exécutive de la série. Camille Preaker, journaliste à St Louis, est envoyée dans sa petite ville natale, Wind Gap, pour enquêter sur la mort de deux adolescentes. Le retour au source pour cette jeune femme alcoolique et mal dans sa peau ne se fera pas sans difficulté. Sharp Objects est une série sombre, portrait d’une femme instable, anti-héroïne cynique, produit de l’Amérique de Trump et du mouvement #metoo. Cette série, également symboliste, se construit autour d’un patchwork de mythes divers qui construisent le récit et détruisent les idées préconçues de certains personnages mais surtout des spectateurs qui se perdent dans un dédale minutieux d’images, de flash-backs et de musiques en tout genre.

Le portrait “gueule de bois” de la petite ville American Dream

Le choix de la localisation n’est pas anodin. La ville fictive de Wind Gap se situe dans le Missouri, état du Midwest des Etats-Unis qui lors des dernières élections présidentielles a voté à 56,4% pour Donald Trump et à 37,9% pour Hillary Clinton, excepté St Louis, deuxième ville de l’état, qui a voté républicain. Cette information est assez importante pour situer le personnage de Camille. Elle vit à St Louis, est pro-Obama – on peut voir lors des premières images de sa chambre un poster d’Obama sur un fauteuil – et vient de Wind Gap qui est le stéréotype même de la petite ville pro Trump. Avec une économie défaillante, ne reposant que sur un seul et unique domaine : l’abattage de cochon, entièrement détenu par la mère de Camille, Adora, qui règne ainsi en reine de Wind Gap. Autour de cette économie, pas grand chose ne se passe dans la petite ville de Wind Gap qui est, intentionnellement, presque toujours filmée vide. Wind Gap est une ville fantôme qui semble s’être arrêter de vivre au début des années 60 : le barbier, les inscriptions, une partie de la bande son rappelle aux spectateurs cette époque, l’époque de l’American Dream, le “Great” du slogan de Trump que l’on imagine bien être entonné par les habitants “Make America great again”

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Camille – et donc par effet de cause le spectateur- s’infiltre dans différents intérieurs des habitants de Wind Gap et fait ainsi le portrait de cette micro-société. On entre dans la maison des parents d’une des victimes, une petite middle-class assez moyenne – justement-, celle d’Ashley – petite amie du frère d’une des victimes, obsédée par sa position sociale – une upper-class très clairement assumée et, mais cette fois-ci elle restera sur le palier, la maison d’une ouvrière droguée et malade dont le fils joue avec une arme à feu. En périphérie, les ouvriers mexicains qui travaillent pour Adora mais dont on aura jamais un nom et qui n’existent que comme une entité indéfini. La hiérarchie est donc parfaitement établie, Adora au centre qui ne sera jamais remise en question par les autorités, les plus riches qui ne seront pas suspectés, la classe moyenne, qui sera au contraire suspectée, les “white trash” qui ne seront pas écoutés et les étranger qui seront, par principe, définis comme coupables sans motif ni raison. Le portrait fait de la petite ville américaine n’a rien de réjouissant et instaure un climat inquiétant et lourd. Ne reste de l’American Dream des années 60 qu’une carcasse pourrissante sous la chaleur du Missouri.

Des mythes destructeurs

La place du mythe est prépondérante dans Sharp Objects, qu’il soit tiré de la mythologie grecque, une simple croyance populaire ou encore l’histoire fondatrice de la petite ville de Wind Gap. Chacun des mythes choisis se complète entre eux et ajoute de la matière aux personnages et à l’histoire. Etant donné le nombre de mythes incorporés dans l’histoire, il semble pertinent d’en faire une liste.

La dame blanche

Elle est le fantôme d’une légende au très nombreuses versions selon les pays et régions. La dame blanche est à chaque fois un fantôme qui s’il est aperçu est rarement bon augure. Une des versions américaines est particulièrement intéressante dans le cas de Sharp Objects. Elle voudrait que la dame blanche soit une mère qui errerait à la recherche de sa fille tuée par son copain ou un groupe de voyous. Dans Sharp Objects, cette légende est évoquée par un petit garçon, d’une classe sociale inférieure, qui a vu Amma au loin et que personne ne veut croire.

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Peter Pan

Peter Pan est un personnage créé par l’écossais J. M. Barrie. C’est un petit garçon qui vit dans un monde où il ne devient jamais adulte. Peter Pan est cité dans Sharp Objects une seule fois, dans le centre dans lequel est soigné Camille, mais l’image semble correspondre parfaitement à Camille qui n’est pas une adulte dans un sens conventionnel : pas de famille, pas de relations stables, elle n’a pas encore réellement coupé le cordon avec sa mère et se mutile encore en pensant à elle, a un look d’adolescente, n’est responsable de personne.

Persephone   

Persephone est une divinité grecque, fille de Zeus et Demeter. Très belle, elle est éduquée par sa mère à l’écart du monde. Hadès l’aperçoit un jour, la kidnappe et en fait sa femme. Demeter recherche sa fille neuf jours et nuits, puis apprend par Hélios la vérité. Zeus ne pouvant choisir entre Demeter et Hadès décide ainsi : Persephone restera six mois avec Hadès, en tant que reine des enfers, et six mois avec sa mère, décidant ainsi du changement des saisons. Dans Sharp Objects, Amma se déguise en Persephone, montrant ainsi au spectateur qu’elle est complètement consciente de sa dualité, comme Persephone elle est une partie du temps reine des enfers, inflexible et cruelle, et l’autre, la fille de sa mère.

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Calhoun day

Calhoun day est la fête fondatrice de Wind Gap. Elle commémore un héro de la guerre civil, l’un des fondateurs de la petite ville, ou plus particulièrement sa femme adolescente qui l’a protégé malgré les agressions et viol de l’ennemi. Cette histoire assez morbide est célébrée par la ville par une petite fête et la reconstitution de celle-ci sur scène par des adolescents. Ce genre des fête semble habituelle des petites villes américaine. Gilmore Girls nous en a déjà proposé des versions plutôt pittoresques, très éloigné du cynisme noir de celle de Sharp Objects.

Les nymphes

Dans la mythologie greco-romaine, les nymphes sont des divinités féminines, jeunes et belles, associées à la nature. Amma et ses deux copines sont presque toujours vu en groupe et à rollers. La vitesse à laquelle elles vont leur donne une impression d’irréalité et elles sont presques toujours vu soit dans un endroit naturel, lac ou forêt, soit en train de rire ou de faire la fête.

Chacun de ces mythes n’a été appliqué que pour des rôles féminins. Les femmes dans Sharp Objects sont des êtres exceptionnels presque divin vu comme ayant des pouvoirs extraordinaires. Ce qui pourrait expliquer la force incroyable, presque surhumaine d’Amma lors des meurtres. Outre les mythes et histoires cités par des personnages de la séries, de nombreuses figures animales ou naturelles qu’on retrouve habituellement dans les contes sont récurrentes : le cochon, l’araignée, la rose ou encore des éléments de décors tels que la forêt, le lac ou la cabane dans les bois.

Le cochon

Le cochon est la seule véritable économie de la ville. Il est donc symbole de richesse. Mais outre cela, deux types de personnages s’apparentent au cochon. Le plus évident est John Keene, frère d’une des victimes qui est radicalement différent des autre habitants de Wind Gap : urbain et sensible. Il travaille à l’abattoir où il a donc un contact assez proche avec les cochons qu’il décrit comme assez intelligents et sensibles pour appréhender leur mort prochaine. Situation dans laquelle il se retrouve: il comprend son arrestation – injustifiée – prochaine mais ne peut rien y faire. L’autre type de personnages associés au cochon sont les deux victimes. Elles subissent le même traitement – arrachage de dent – que les cochons. Comme John Keene, les deux sont décrites comme atypiques par rapport aux autres adolescents. Le cochon représente donc à la fois un élément essentiel à la ville mais aussi la différence, la peur de l’étranger. Il n’est pas anodin que les travailleurs de l’abattoir soient presque tous des mexicains.

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L’araignée

Le second animal est l’araignée. On en voit à deux reprises dans la séries : lors des flash-backs du viol de Camille et enfermée dans un bocal dans la chambre d’une des victimes. Dans la croyance occidentale actuelle, l’araignée est un animal terrifiant, compagne de la sorcière entre autre. Mais d’une manière plus générale, elle est aussi un symbole de féminité puissante, de maternité, de force créatrice. Cette double identité se retrouve dans Sharp Objects. L’araignée est à chaque fois lié à un événement sombre et traumatique (viol, meurtre) mais est toujours associées à une jeune fille créative et originale. Sans compter la figure maternelle ambiguë de la série, Adora, qui, comme l’araignée, tisse sa toile autour de ses filles, ses victimes.  

Les fleurs

Les fleurs sont aussi des éléments omniprésents de la série. Elles semblent être une métaphore de cet âge adolescent au féminin qui oscille entre enfance tendre et âge adulte compliqué. On retrouve des fleurs sur les motifs des robes enfantines d’Amma qu’on retrouve aussi sur ses tenues plus provocantes à la ville. Elle est à la fois la rose qu’entretient avec minutie Adora et qui fait sa fierté, mais aussi cette même rose qui la pique et la fait saigner. On retrouve également des marguerites dans Sharp Objects, ces fleurs plus douces et joyeuses qui selon Jackie, une alcoolique notoire, très sûrement femme d’une nouvelle fortune qui pose un regard conscient, plus amusé que cynique sur la petite ville de Wind Gap et ses dynamiques sociales, représentent mieux l’enfance que les roses, et plaisent plus aux jeunes filles. Elle est le seul personnage conscient de la pathologie d’Adora et tente discrètement, sans que cette dernière ne le sache, de rattrapper ses actions. Les marguerites qu’elle installe sur le lieu de commémoration à la place des roses d’Adora en est la métaphore.

La guerre des clones : Amma et Adora

Outre Camille, dont le point de vue est celui de la série, les deux personnages clefs de la série sont Adora, la mère de Camille, “reine” de Wind Gap et protectrice de la jeunesse de la ville, et Amma, sa petite demi-soeur, queen bee de sa classe et petite poupée d’Adora. Les deux, en plus de leur relation d’interdépendance assez malsaine, ont de très nombreuses ressemblances. A commencer par leurs prénoms qui est en réalité le même – Amma et Adora – sont deux versions du verbe aimer ou adorer. Et par plusieurs aspects, Amma s’évertue à être une mini version d’Adora.

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La première est la personne la plus importante de la ville : elle possède la seule économie de la ville, on peut voir dans plusieurs épisodes que son avis est plus important que celui du chef de police mais aussi qu’elle organise les événements chez elle comme elle organiserait une cour royale avec une hiérarchie précise parmi les gens qui sont conviés. Amma reproduit ce schéma en étant la reine du lycée, elle mène le groupe, peut décider de qui est convié ou pas à une soirée, change la musique à cette même soirée sans demander l’avis des autres. De plus, le “tueur” – donc à savoir Amma – est décrit comme voulant contrôler la ville, comme cherchant à montrer qu’elle a le pouvoir qu’elle à l’impression de ne pas avoir. L’un des éléments les plus marquants de leur relation est la maison de poupée d’Amma qui est très importante pour celle-ci. On la voit continuellement jouer avec et c’est la premier sujet de conversation entre elle et Camille, une fois présentée comme soeur. Cette maison est la reproduction de la véritable maison d’Adora : même architecture, même couleur verte et même secret controversé autour du sol de la chambre. Dans la véritable maison, le sol de la chambre est fait d’un matériau très particulier, extorqué de l’ivoire de défense d’éléphants avant que cela ne devienne interdit. Dans la maison de poupée, le sol est fait d’un matériau encore plus particulier : les dents des victimes d’Amma. Si Amma a transposé l’obsession d’Adora pour son sol d’une manière assez morbide, Camille, au contraire l’évite et, à raison finalement, en a peur. Si Adora et Amma se ressemblent assez finalement, leur relation à Camille est assez particulière.

“Can’t take my eyes off you”

Pour Adora, Camille est l’enfant indépendante qui ne s’est jamais laissé soigner. Ce qui est pour une personne atteinte du syndrome de Münchhausen par procuration, un comble. Camille garde donc une aura particulière au yeux d’Adora. Elle est celle qui lui a résisté, et assez paradoxalement, celle dont Adora se sent le plus proche en terme de personnalité. Adora ayant été rejeté lors de l’adolescence de Camille qui a complètement dévié de l’image de petite poupée imposée par sa mère en se coupant les cheveux très court et en ne portant que des vêtements unisexe, la rejette alors en tant qu’adulte et la considère comme élément perturbateur de son petit monde qu’elle veut parfait. Elle a été la tutrice des deux victimes d’Amma, qui, on le comprend au fur et à mesure des épisodes, étaient atypiques, souvent décrites comme des garçons manqués, comme a pu l’être Camille. Elle tente donc par l’intermédiaire de ces filles de soigner, en réalité Camille. Et c’est très surement pour cette raison qu’elles ont été choisies par Amma comme victimes. Celle-ci veut être le centre de l’attention de sa mère et ne supporte pas toute concurrence. Elle entretient donc une relation toute particulière à Camille qu’elle met sur un piédestal autant qu’elle souhaite manipuler. Elle est jalouse de sa relation avec Adora mais veut aussi l’impressionner. Camille est à la fois sa rivale, son modèle et une sorte d’extension d’Adora.

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Des meutes de femmes et des hommes dans leur bulle

La ville de Wind Gap est très clairement contrôlée par des groupes de femmes, peu importe la génération, Adora en tête qui, comme dit précédemment, gère les habitants de Wind Gap comme elle s’occuperait d’une cour royale: les personnes d’intérêt ont l’honneur d’être invité à l’intérieur de la maison, celles étant d’un niveau social acceptable peuvent rester sur la terrasse, tous les autres se contenteront de la pelouse. De la génération de Camille, pas de “chef de meute”, comme si la désertion de cette dernière avec cassé cette dynamique, mais cependant les femmes se retrouvent toujours, et servent dans cette série, à donner une vision du féminisme par les femmes d’une petite ville américaine. Entre créationnisme et définition de la mère comme seule femme accomplie : le portrait n’est pas réjouissant. Pour ce qui est de la génération d’Amma, on ne distingue pratiquement que des personnages féminins, mis à part John Keen, aucun personnage masculin n’est identifié. Cette génération de jeune femmes permet aussi de dénoncer le sexisme ordinaire. Rien que le choix du tueur est révélateur: une jeune adolescente alors que quasi l’ensemble des personnages étaient persuadés que le tueur était un homme. Elles remettent en question beaucoup des paroles de personnages masculins : l’homme en charge de la pièce de théâtre qui parle de l’histoire comme quelque chose de factuelle alors qu’Amma insiste sur le fait qu’elle est raconté par des hommes, quand le chef de police les croisent en voiture et leur de faire attention au conducteur, alors, l’une des adolescentes le reprend sur le fait que cela peut être une conductrice, mais aussi sur leur envie de changer le mythe fondateur de Wind Gap en créant une milice féminine à la place d’une jeune femme qui se fait violé, et se font moqués à ce moment là.

Au contraire, les hommes – ceux de Wind Gap en tout cas – semblent tous vivre dans une bulle coupée de la réalité. Le plus flagrant est le personnage d’Allan, le second mari d’Adora. Il est pratiquement toujours représenté en train d’écouter de la musique sur une chaîne hifi qui, de plus, coûte une fortune. La musique dans Sharp Objects est très importante, plus qu’un simple choix décoratif, elle est une plongée dans la psychée d’un personnage en particulier. Les musiques qu’écoute Allan sont en général des chansons de Michel Legrand tirés de films de Jacques Demy ou des morceaux au piano, donc que des mélodies assez classiques, oniriques avec un aspect détaché de la réalité, correspondant assez bien à ce personnage, qui bien que conscient de la maladie de sa femme n’agit pas. On ne le voit, en plus, pratiquement jamais à l’extérieur de la maison. Il n’a pas de vie et d’avis propres en dehors de ce qu’il partage avec Adora. Dans un style similaire, le chef de la police est enfermée, comme la ville de Wind Gap, dans un univers particulier : les années soixante. Chacune de ses apparitions chez lui est accompagné d’une musique de cette époque, sa femme est aux petits soins avec lui, comme le ferait la parfaite femme au foyer de la Feminine Mystique (Voir Betty Friedan). D’autres détails montrent l’enfermement de ces hommes. Ceux-ci sont souvent filmés entrecoupés de scène sur un ventilateur à hélice, ancienne génération, donnant une impression de moiteur, de temps arrêté et de renfermé. Les seuls endroit où ils se retrouvent entre hommes est le barbier, commerce qui n’est plus réellement d’actualité.

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Bien sûr, il y a des personnages masculins qui ne semblent pas enfermés mais les deux ne font pas parti de la ville de Wind Gap. Nous retrouvons le policier, Dick Willis, venu aider le chef de police sur l’enquête, témoin de la déchéance de la petite ville et caution sensualité de la série. Mais, il y a également Franck Curry, l’éditeur et chef de Camille qui lui sert surtout de figure paternelle et de fil de vie et de soutien. Il est également la raison pour laquelle elle est retourné à Wind Gap. Il souhaitait qu’elle affronte ses démons passés pour pouvoir avancer dans la vie.

Camille: Un portrait à fleur de peau

Sharp Objects est également le portrait d’une femme complexe et particulière. Elle va se servir de ce voyage initiatique pour revenir à ses racines et exorciser ses démons. Cela se verra par de nombreux plans où l’on voit son reflet dans des objets réfléchissants : écran noir d’ordinateur, verre qui tord son reflet, miroirs lors de son adolescence. 

Outre ses relations familiales, c’est son rapport au corps et aux mots qui est intéressant. Le travail de Camille Preaker est centré sur les mots car elle est journaliste. Et son intérêt pour les mots est bien plus poussé. Elle se scarifie l’ensemble de son corps avec des mots rappelant des moments traumatiques et difficile de son enfance. Et cela se voit également visuellement dans la série. Camille voit des mots partout, existants ou non, que ce soit un “Whatever” sur un sweatshirt, un “Welcome” devient alors ironique sur un paillasson, un “scared” gravé sur sa voiture devenu “scar”. Ils sont le témoins de son état émotionnel. Son travail d’écrivain n’est évidemment pas accepté par sa mère qui ne voudra jamais entendre parler et qui symboliquement l’empêchera même d’écrire.

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Sharp Objects est une série assez complexe, un thriller psychologique original, un portrait de femme intelligent et visuellement explosif. Jean-Marc Vallée a caché dans cette série de nombreux détails dans le choix de musique, dans les types de plan, les décors, les couleurs qui permettent d’en apprendre plus sur les personnages et sur ce que dit la série de l’Amérique actuelle. Cette minutie n’est pas le seul intérêt de la série qui propose une galerie de personnages féminins vénéneux mais fascinants, qui a une image parfaite et des acteur incroyables, Amy Adams en tête même si la révélation Eliza Scanlen promet une très belle carrière. Une série à voir et à revoir.

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