[Patti Cake$] Patti in the USA

Patricia Dombrowski, 23 ans, rêve de devenir rappeuse, mais elle vit à New-jersey, et entre sa mère irresponsable, sa « nana » qui a besoin de soins hospitaliers excessivement chers, la société qui n’est pas forcément prête et ses propres inhibitions, son rêve lui semble encore bien lointain. Elle va pourtant réussir à jongler avec sa famille, ses différents jobs et toutes ces contraintes, et aidée de ses amis, Jheri et Basterd, elle va réussir à se faire accepter et respecter en tant que rappeuse.

Big and beautiful mais pas que

Il serait assez facile de réduire Patti Cake$ a un film qui revendique un message du genre « Big is beautiful » seulement le film ne s’arrête absolument pas à là. Il est assez évident que Patti est en surpoid mais finalement cela n’est que très rarement un ressort narratif utilisé. Si la société qui l’entoure lui renvoie assez fréquemment son image en pleine tête, elle ne fait que l’ignorer ou elle s’en sert à des fins positives. Que ce soit la petite remarque déplacée de son employeur qui lui dit que cela ne lui ferait pas de mal de de faire un travail physique où elle ne réagit absolument pas, ou alors, lors de sa première battle face au « beau gosse » de la bande qui l’attaque sur son physique, elle n’en démord pas, et lui répond sans rapper sur le fait qu’elle est grosse, mais sur le fait qu’elle est belle. Et en fait, ça fait plaisir. Elle ne revendique pas le fait d’avoir des formes et d’être belle, mais juste d’être elle-même et d’être belle.

patti-cake

Saturday night rap

Ce film est dans la continuité des films à la Saturday Night Fever (John Badham). Derrière une apparente légèreté et un esprit feel-good, un portrait plutôt désenchanté des Etats-Unis actuels est fait. Car entrecoupés des scènes de disco traveltiennes, se trouvent, tout de même, la mort d’un jeune homme et le viol d’un des personnages féminins. Et pareillement dans Patti Cake$, derrière une vision glamourisé du rêve américain incarné par la figure du rappeur qui a réussi, il y a toute la médiocrité du quartier entourant Patricia, la difficulté du système médical américain etc. Dans les deux films, la notion de frontière, de distance, est également omniprésente. Elle est pont de Brooklyn dans l’un et échelle de distance matérialisé par des doigts montrant la petitesse – et donc l’éloignement- de New-York dans Patti Cake$.

Dans les marges

Le choix du casting est à l’image de New-Jersey : à la marge de ce qui se fait. Aucun blanc et mince au générique. Dans le rôle-titre, l’actrice australienne Danielle Macdonald qui a déjà eu quelques rôles dans des séries américaines (Pretty Little Liars, American Horror Story, 2 broke girls), son meilleur ami joué par Siddharth Dhananjay dont c’est le premier film, et enfin le troisième musicien, l’étrange et dark – borderline hipster – Basterd joué par Mamoudou Athie qui n’a commencé sa carrière que très récemment avec un film comme Le Cercle ou la série The Get down. Donc aucun des acteurs n’étaient une « valeur sure », ni un cliché. L’ensemble fait plaisir à voir d’autant qu’aucun n’était réellement musicien avant le film. Et le travail réalisé pour le film est simplement incroyable.

Patti Cake$ est un film qui vaut réellement le coup d’être vu. Il est tenu par un casting frais et beau, et des musiques prenantes. Outre la passion des personnages et le – relatif – happy-ending, le film dresse tout de même un portrait assez amer de l’Amérique actuelle, de son système capitaliste relativement injuste et de ses problèmes d’intégration.

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