[Gilmore girls] 50 minutes inside Stars Hollow

Gilmore Girls, c’est l’histoire de la relation fusionnelle entre une mère, Lorelai (Lauren Graham), et sa fille, Rory (Alexis Bledel). La première est issue d’une riche famille Américaine mais tombe enceinte à seize ans et décide de fuir le foyer familial pour vivre et élever sa fille comme elle l’entend. La série se passe seize ans plus tard. Lorelei est maintenant manager d’une auberge d’une petite ville, Stars Hollow, et Rory, qui a donc maintenant seize ans a pour ambition d’entrer à Harvard. Mais Gilmore Girls, c’est plus que ça, c’est une galerie de personnages hauts en couleurs et tous très bien écrits, c’est des références culturelles pointues mais aussi des dialogues excessivement bien ciselés.

En toute, honnêteté, j’ai failli passer à côté de Gilmore Girls, étant plutôt branchée série plus sombres (Black Mirror, Utopia, The leftovers, Mr. Robot… Oui je suis quelqu’un qui aime regarder des trucs hyper joyeux). Mais un jour, alors que je traînais dans les méandres du catalogue Netflix, je me suis dit que je devais essayer quand même, histoire de pouvoir dire que mes présomptions de nunucherie étaient justifiée, persuadée que je ne regarderais qu’un, voire, grand maximum, deux épisodes… Trois mois plus tard, j’avais fini les sept saisons.

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Avis sur le pilote

En moins de cinq minutes d’épisode du pilote, une bonne partie de ce qui fait l’intérêt de la série est résumé.

  • La petite ville de Stars Hollow, sa mignonnerie, ses espaces verts, ses petits commerces, ses maisons en bois. Bref son côté petite ville rassurante. En trois minutes, on n’a pas le temps de rencontrer tous les personnages, mais on aperçoit Luke, sa casquette, son air renfrogné et son obsession pour la nourriture saine. Ce ne sera que le premier d’une looongue galerie de personnages plus incroyables les uns que les autres
  • Une représentation de la femme indépendante et actuelle qui n’hésite pas à renvoyer balader gentiment un mec qui se croit permis de s’imposer alors qu’on ne l’a pas invité.
  • Des références qui fusent. Ici, rien qu’en trois minutes, quatre références (Jack Kerouac, RuPaul, Macy Grey et Officer Krupke/West Side Story). Toutes placées avec intelligence grâce à des dialogues bien écrits et un rythme qui sait intelligemment passer de moments « émotion » à des instants plus ludiques.
  • Et bien sur la relation entre la mère et la fille, qui est le cœur de la série, leur complicité. Mais qui sera rejoint par tout un tas de relations avec d’autres personnages, surtout féminin, très bien écrits.

Quelques mots sur la production

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La série est la création de  Amy-Sherman Palladino (et franchement, on ne peut attendre que quelque chose de bien de quelqu’un qui ose porter des chapeaux pareils), et quand je dis création, c’est son bébé car elle, avec son mari, ont écrit la plupart des dialogues, réalisé une partie des épisodes et géré la production. La série a d’abord été diffusée sur The WB (chaîne du groupe Warner), puis, après sa fermeture sur The CW, qui compte actuellement des séries telles qu’Arrow, Supergirl, The 100. Bref, de la série Etats-unienne bien comme il faut. La série connait un succès véritable et pourtant ne fut jamais réellement reconnue par la profession. Elle ne remporta qu’un seul Emmy, celui du maquillage en 2004… Amy a tenu son projet pendant six saisons mais a craqué pour la septième et a claqué la porte car on ne lui donnait pas assez de moyens. Ironie du sort, les demandes qu’elle avait faites ont dû être mise en place pour pallier à son absence, mais sans elle, la série n’était plus la même, la qualité s’en est ressenti et une huitième saison n’a pas pu voir le jour. Jusqu’à l’arrivée de Saint-Netflix et de ses habitudes à ressusciter les séries enterrées. Le 24 novembres 2016, une huitième saison, faite de quatre épisodes 90 minutes, avec Amy-Sherman Palladino à son bord, voit le jour.

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Pourquoi regarder la série ?

Une série doudou

Gilmore Girls fait partie de ses séries rassurantes où l’on voit ses personnages un peu comme des gens de notre entourage, où finalement peu de choses choquantes se passent, mise à part des célébrations étranges à Stars Hollow (car tout est occasion pour faire la fête la bas, marathon de danse, reproduction historique…) mais où l’on s’identifie facilement. Et j’aurais aimé avoir été moins snob lors de mon adolescence et lui laisser une chance car je suis sure qu’elle m’aurait beaucoup apportée. Elle se laisse binge watcher avec plaisir lorsqu’il fait un temps pourri dehors ou une canicule pas possible, avec le combi cliché glace, junk food et plaid, tous seuls ou à plusieurs. De plus, son rythme rapide et ses références font qu’on ne s’ennuie jamais et qu’on a toujours l’impression d’être inclus dans les histoires des personnages.

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Des personnages bien construits

Il y a d’abord la « sainte trinité », les trois générations de Gilmore Girls, la gentiment insolente Lorelai, la pragmatique au visage d’ange Rory et la très BCBG et cassante Emily. Mais leurs personnages ne s’arrêtent pas à ses clichés et chacune se nuancent progressivement. Il y a ensuite à côté, tous les personnages secondaires qu’on retrouvent dans toutes les saisons ou presque, Lane la meilleure amie coréenne de Rory qui a du mal à faire assumer ses gouts à sa mère plus traditionnelle, la géniale Sookie, chef cuisinière de l’auberge complètement quirky et foledingue, Richard, le grand-père très old school mais toujours présent. Et enfin, il y a tous les personnages qui font Stars Hollow, haut en couleur qu’on aimerait croiser tous les jours : Kirk, éternel looser qui vit toujours chez sa mère, artiste incompris qui enchaine tous les types de métier imaginable (serait-ce une petite critique du système américain ?), Miss Patty ancienne star à Broadway maintenant prof de danse et commère professionnelle, mais aussi le génial Michel, collègue de Lorelai, français, cynique et tellement drôle. De plus, l’ensemble du casting est relativement divers ce qui fait assez plaisir à voir.

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Une représentation de la féminité bien dans ses baskets

Rien que les trois personnages principaux représentent des visions de la féminité très différentes mais jamais alienées : Lorelai qui malgré sa famille aisée décide de tout quitter pour être absolument indépendante, Rory, rat de bibliothèque dont le rêve n’est pas d’être la plus populaire mais de devenir journaliste et enfin Emily, qui ne travaille pas mais gère d’une main de fer la vie sociale et la maisonnée des Gilmore. A partir de là se rajoutent des personnages masculins qui pourtant ne deviendront jamais l’intérêt principale de ses femmes qui feront toujours passer leur intérêt propre avant celui de leur Fiancé/Boyfriend/Crush. Au contraire, les tensions se font plus ressentir quant aux relations mère/fille et les choix se feront plus difficilement lorsque l’avis d’une des mères rentre dans l’équation (que ce soir la relation Lorelai/Rory, Lorelai/Emily ou celle de Lane et de sa mère)

En somme, Gilmore Girls c’est (pour le moment) sept saisons, 153 épisodes, 114 heures et 45 minutes de pure plaisir à la fois coupable et intelligent. Des personnages qu’on voudrait avoir comme voisins, des dialogues parfaits et une vision de la féminité actuelle.

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